Mario Girard: Une vision pour la qualité de vie

Le lundi 5 décembre dernier, près de cent bleuets en affaires et ceux qui les aiment se sont réunis au Terminal de croisière Ross Gaudreault pour rencontrer le maître des lieux, Mario Girard.

Natif d’Alma, grandi à Arvida, le président-directeur général du Port de Québec était tout en verve pour parler de sa vision du développement de cet important acteur économique et institutionnel de notre ville, en plus de dérider l’assistance dans une ambiance qui invitait déjà au temps des fêtes.

« J’avais plein d’opportunités avant de rentrer au Port, mais quand je me suis demandé le “why”, je me suis dit que c’est ici, au Port de Québec,  que je pourrais faire le plus, qui resterait après moi, pour la qualité de vie du monde qui m’entoure. » Cet aspect est toujours présent dans le discours du gestionnaire, pour qui responsabilité sociale et développement économique doivent aller de pair pour le père de deux filles de 5 et 10 ans.

« Le port de Québec, il faut prendre conscience que c’est un atout stratégique », explique Mario Girard en évoquant les 15 mètres d’eau profonde et des 5 à 6 mètres de marée qui permettent d’accueillir des bateaux de plus en plus gros. C’est une plate-forme mondiale sans pareille, connectée à 300 autres ports, situés dans 60 pays.

L’apport économique du pôle maritime de Québec est indéniable, fournissant pour la région de Québec, selon la firme KPMG, 7 964 emplois directs, indirects et inférés bien rémunérés, pour des retombées annuelles directes, indirectes et inférées pour la région de Québec de l’ordre de 730 millions de dollars. « Si on prend les 20 villes les plus riches du monde, les 20 plus touristiques, celles qui se classent le mieux pour la qualité de vie, 95 % ont un port », ajoute Mario Girard selon qui le potentiel de développement est encore très important.

Un parcours entrepreneurial

À l’origine des deux grands succès que sont Gespro et Nstein, Mario Girard a derrière lui une longue feuille de route dans le monde des affaires. « Mais si on me demande de quoi je suis le plus fier, je répondrais que c’est pendant mes trois ans à la Fondation de l’Entrepreneurship que j’ai fait le plus », avoue-t-il. Inspirer les gens, particulièrement les jeunes, leur donner le goût du risque et les convaincre d’accepter de se tromper parfois, tout cela constitue une motivation centrale pour lui.

Son parcours dans le privé a évidemment influencé son style de gestion et les projets qu’ils caressent pour le Port de Québec. « J’ai voulu amener une vision d’entrepreneur. »

On le sait, l’administration actuelle voit grand. Il est question d’étendre la superficie des installations du secteur portuaire de Beauport de 17 hectares, d’augmenter la capacité d’accueil de croisiéristes, de développer les terrains du Bassin Louise et d’aménager une promenade portuaire à l’Anse au Foulon.

Questionné à savoir quelles sont les principales différences entre la réalité d’un entrepreneur et celle d’un gestionnaire public, Mario Girard a évoqué le temps et la patience nécessaires pour réaliser les projets lorsqu’il y a autant de parties prenantes autour d’une même question. Une approche implantée sous sa direction vise à anticiper le nombre d’acteurs, individuels ou collectifs, qui pourraient être potentiellement impacté ou impliqué, quant à un projet de développement. Cela permet d’agir en amont pour prendre les meilleures décisions. « Pour tous les dossiers du Port, ce sont 310 parties prenantes, c’est 170 juste pour le projet Beauport 2020… »

Mario Girard parle également de la réalité des élus des différents paliers de gouvernement avec laquelle il faut composer. La compréhension de cette réalité et de toutes les subtilités que ça comporte est essentiel pour la réalisation de projets.

« On va avoir besoin que nos alliés se lèvent », avertit Mario Girard, selon qui rien n’est acquis pour ceux qui souhaitent voir ces projets se réaliser à Québec. Après tout, rappelle-t-il, les projets du Port de Québec reposent sur « une vision pour améliorer la qualité de vie de ceux qui nous suivront ».

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